Mardi 8 septembre 2026 jour 13 de campagne J-27 avant le scrutin 127 sièges · majorité à 64

La question du jour

Le bouclier du jour 13 : 1,5 G$ de contrats que l'État contrôle, 3 G$ d'achats qu'il ne contrôle pas. Lequel protège ?

L'umami du jour

À 00 h 01, le tarif a cessé d'être une date. Pour la première fois en treize jours, les cinq chefs ont parlé du même sujet le même jour — et c'est le chiffrage qui les sépare. Le plus gros nombre du « bouclier » de Christine Fréchette, 3 G$, ne dépend pas d'elle mais de ce que les ménages achèteront ; celui qu'elle contrôle, 1,5 G$ de contrats publics réservés pendant quatre mois, elle en borne elle-même la portée : moins de 10 % des soumissions viennent d'entreprises américaines. Québec solidaire est le seul à poser une somme datée sur le tarif — 2 G$ sur deux ans. Le Parti Québécois promet de l'aide ciblée sans montant, le PLQ 1 000 ressources scolaires sans coût, et le PCQ a passé la journée sur la santé et sur les référendums.

Tendances 3

CAQLe bouclier : 1,5 G$ de contrats, 25 $ par semaine, 3 G$ espérés

Les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur dans la nuit : environ 27,6 G$ d'importations américaines, à 15, 25 et 50 %. Christine Fréchette a répliqué en conférence de presse à 7 h 45, à l'édifice Honoré-Mercier, avec ce qu'elle appelle un bouclier. Deux volets. Le Centre d'acquisitions gouvernementales pourra réserver certains appels d'offres aux entreprises québécoises ou canadiennes, pour environ 1,5 G$ de contrats pendant quatre mois, jusqu'en janvier ; les contrats de transport, de santé et d'infrastructure sous le seuil des accords commerciaux devront exiger 15 % de matériaux et d'équipements d'ici. Et une invitation aux ménages : 25 $ de plus par semaine en produits québécois, ce que le gouvernement chiffre à 3 G$ d'injection.

« Le Québec fait face à un intimidateur. Face à lui, on a deux choix : soit on s'incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout. » S'y ajoutent une cellule tactique confiée à Investissement Québec International pour trouver des fournisseurs de remplacement et un accès accéléré au programme FORCE pour les entreprises frappées d'un tarif de 25 % ou plus. Dans l'après-midi, à La Tuque, un second volet : 144 M$ de plus pour l'industrie forestière — modernisation des usines, innovation, construction en bois québécois —, un chantier national réunissant régions, industrie et Premières Nations, et un appel à projets pilotes plutôt qu'une loi. « On va procéder à l'inverse. »

Repères datés — Radio-Canada, 8 septembre 2026, « Christine Fréchette déploie son “bouclier” contre “l'intimidateur” Donald Trump » (Joëlle Girard, 11 h 54 HAE, mis à jour 13 h 11) pour 1,5 G$, quatre mois, moins de 10 %, 25 $ par semaine, 3 G$ et les citations · Radio-Canada, 7 septembre 2026, « Tarifs douaniers : Québec va réserver certains appels d'offres pour les entreprises d'ici » (François-Alexis Favreau, 20 h 46 HAE) pour la cellule tactique, le programme FORCE et l'exigence de 15 % de contenu · La Presse Canadienne reprise par Noovo Info et Mon La Tuque, 8 septembre 2026, pour les 144 M$ et le chantier national · comm-expo-peus-qc 69,8 % des exportations québécoises de marchandises vont aux États-Unis (ISQ, 2025).
TOUSPremier jour où les cinq chefs parlent de la même chose — et seul QS met un montant sur le tarif

Le 3 septembre, QuébExpress notait que la campagne parlait de parcs nationaux cinq jours avant les contre-tarifs. Le 8, le sujet est partout. Paul St-Pierre Plamondon a tenu un point de presse devant l'Assemblée nationale avec son équipe de candidats en économie : Ottawa a riposté « dollar pour dollar » sans tenir compte des demandes québécoises, ce qu'il qualifie de « taxe déguisée pour les Québécois » et dont il redoute une « poussée inflationniste » et une « récession sévère ». Il promet des programmes d'aide « ponctuels et ciblés » aux secteurs touchés et la défiscalisation des nouveaux revenus tirés d'autres marchés d'exportation — aucun montant n'accompagne ni l'un ni l'autre.

Ruba Ghazal et Sol Zanetti, au parc de l'Anse de Boischatel : une « provision Trump » de 2 G$ sur deux ans pour les entreprises frappées, afin qu'elles « maintiennent des emplois ici » et aient « le temps de transformer leur production ». S'y ajoute un levier de négociation : brandir la menace d'une hausse des tarifs sur l'hydroélectricité exportée. Charles Milliard, devant l'école LaRocque à Sherbrooke : 1 000 ressources spécialisées de plus dès 2027-2028 — 400 postes professionnels et 600 techniciens en éducation spécialisée —, sans coût chiffré, la promesse « sera dans son cadre financier ». Éric Duhaime, à Québec : un plan santé d'environ 550 M$ — 400 à 500 admissions de plus par année en médecine (300 M$) et 1 500 nouvelles IPS (267 M$) —, des délais chirurgicaux maximaux, et l'engagement de bloquer tout référendum s'il détient la balance du pouvoir.

Repères datés — Noovo Info / La Presse Canadienne, 8 septembre 2026 : « Contre-tarifs : le Québec n'a pas été entendu, martèle Paul St-Pierre Plamondon » (Caroline Plante, 12 h 22 HAE, mis à jour 13 h 54) · « Québec Solidaire propose une “provision Trump” de 2 G$ » (Stéphane Blais, 11 h 03 HAE, mis à jour 15 h 31) · « Charles Milliard promet d'ajouter 1 000 ressources spécialisées dans les écoles » (Thomas Laberge, 9 h 38 HAE, mis à jour 11 h 57) · Radio-Canada, couverture en direct du jour 13, 8 septembre 2026, entrées de 12 h 32, 14 h 53 et 17 h 01 · Les Affaires, 8 septembre 2026, « Jour 13 : le PCQ propose de remettre “le patient au centre” du système de santé » — 403 aux requêtes automatisées, titre et résumé d'index seuls ; les 300 M$, 267 M$ et « à peu près 550 millions » sont repris de ce résumé.
SOCIÉTÉ CIVILETerrain frais : le vote se stabilise, l'envie de changement ne bouge pas

Léger a publié le 8 septembre un sondage dont le terrain court du 4 au 6 septembre, n = 1 008, panel LEO, marge de ±3,09 %, 19 fois sur 20 : PQ 29 %, CAQ 23 %, PLQ 22 %, PCQ 15 %, QS 10 %. C'est le sixième relevé de la série et le cinquième depuis le déclenchement. D'un Léger à l'autre — 31 août puis 6 septembre —, un seul point bouge, la CAQ de 24 à 23, à l'intérieur de la marge. Le titre du sondeur dit la même chose : le vote se stabilise.

Ce qui ne se stabilise pas, c'est l'appétit de changement : 60 % des répondants souhaitent un changement de gouvernement, contre 18 % qui souhaitent son maintien — plus de trois pour un. Et 56 % des électeurs décidés considèrent leur choix comme définitif, ce qui laisse 44 % de votes encore mobiles à J-27. Sur la meilleure personne pour diriger, Christine Fréchette et Paul St-Pierre Plamondon sont à égalité, à 23 % chacun. Qc125 a mis à jour le 8 septembre : le PQ passe de 53 à 54 sièges, la CAQ de 25 à 24, le PCQ de 11 à 10, le PLQ de 30 à 31 ; les chances péquistes d'obtenir le plus de sièges montent de 88 à 89 %, celles d'une majorité de 16 à 17 %. Le PQ reste à 10 sièges de la majorité.

Repères datés — Léger, publication du 8 septembre 2026, terrain du 4 au 6 septembre 2026, n = 1 008, panel LEO, ±3,09 % : « Intentions de vote au Québec : le vote se stabilise mais il demeure une forte volonté de changement » (60 %, 18 %, 56 %, 23 %) · Wikipédia, liste des sondages 2026, pour la répartition complète du Léger du 6 septembre (CAQ 23, PQ 29, PLQ 22, QS 10, PCQ 15, autres 1) — les valeurs QS et PCQ ne figurent pas sur la page publique de Léger · Qc125, mise à jour du 8 septembre 2026 · inst-scru-sieges-qc 127 sièges et inst-scru-major-qc majorité à 64 (Élections Québec).

Écarts 2

PQ« Soixante fois plus grosse » — vrai contre le Québec, faux contre le Canada

L'affirmation du jour : pour dire l'absurdité d'une riposte « dollar pour dollar », Paul St-Pierre Plamondon a opposé la taille des deux économies. Radio-Canada rapporte l'expression « soixante fois plus grosse » appliquée au Québec ; Noovo Info, couvrant le même point de presse, l'applique au Canada. Les deux ne peuvent pas être vraies.

L'écart : le socle tranche. Multiplié par sa population, le PIB par habitant américain donne environ 31 600 G$ US ; le Québec, environ 494 G$ US ; le Canada, environ 2 361 G$ US. Le rapport est d'environ 64 pour le Québec et d'environ 13 pour le Canada. La formule tient donc — et de peu — dans la version québécoise, et se trompe d'un facteur cinq dans la version canadienne. La nuance n'est pas cosmétique : c'est précisément le rapport de forces que le chef du PQ invoque pour dire qu'Ottawa ne devrait pas répliquer symétriquement. Contre le Canada, l'asymétrie qu'il décrit est cinq fois moins forte que le chiffre qu'on lui prête.

demo-popu-total-usa 349 035 494 habitants (Worldometer, mi-2026) × econ-prod-pibhab-usa 90 502 USD (FMI, 2025) · demo-popu-total-qc 9 100 000 (ISQ, juillet 2025) × econ-prod-pibhab-qc 54 300 USD (Finances Québec, avril 2025) · demo-popu-total-ca 40 467 728 (Worldometer, mi-2026) × econ-prod-pibhab-ca 58 352 USD (FMI, 2026). Produits et rapports calculés par QuébExpress ; les millésimes des six prémisses ne coïncident pas exactement, ce qui interdit de discuter la deuxième décimale mais non l'ordre de grandeur. Citation : Radio-Canada, couverture en direct du jour 13, 8 septembre 2026, entrée de 11 h 55 (« que celle du Québec ») ; Noovo Info / La Presse Canadienne, 8 septembre 2026 (« que celle du Canada »).
CAQUn bouclier de 1,5 G$ dont la première ministre borne elle-même la portée à moins de 10 %

L'affirmation du jour : le volet contrôlable du bouclier, c'est 1,5 G$ de contrats publics réservés pendant quatre mois aux entreprises québécoises ou canadiennes. C'est le chiffre du communiqué, celui des manchettes, celui que la première ministre a défendu en disant : « S'il y a un geste économique et nationaliste que chaque Québécois peut faire, c'est d'acheter québécois. »

L'écart : dans la même conférence de presse, Christine Fréchette a reconnu que moins de 10 % des soumissions à ces appels d'offres proviennent habituellement d'entreprises américaines. Réserver 1,5 G$ de contrats ne déplace donc pas 1,5 G$ : au plus 150 M$ changent de main, et seulement si la totalité des soumissions américaines habituelles était évincée. Le dixième du chiffre annoncé. Quant au plus gros nombre de la journée — 3 G$ —, il n'est pas un budget : c'est une projection conditionnelle au comportement des ménages. À 25 $ par semaine, il faut 120 millions de semaines-ménages pour l'atteindre, soit l'équivalent de 2,3 millions de ménages qui le feraient chaque semaine pendant un an ; la source ne publie ni horizon ni nombre de ménages présumé. Le bouclier annonce 4,5 G$ et engage, au sens strict, 150 M$ de déplacement contractuel et 144 M$ de soutien forestier.

Repère daté — Radio-Canada, 8 septembre 2026 (Joëlle Girard) pour 1,5 G$, quatre mois, « moins de 10 % » et 3 G$. Les 150 M$ et les 120 millions de semaines-ménages sont des calculs de QuébExpress à partir des seuls chiffres de cette source ; aucun parti n'a publié ces deux valeurs. comm-tari-franc-ca plus de 80 % des exportations canadiennes passent toujours en franchise sous l'ACEUM (RBC, 22 août 2026) — la borne qui interdit autant la panique que le triomphalisme. Le socle ne porte aucun taux tarifaire effectif propre au Québec : l'estimation gouvernementale d'un impact « de 5 % » sur les entreprises québécoises, rapportée par la couverture en direct de Radio-Canada à 10 h 25, est citée comme telle et non comme un fait vérifié.

Faux pas 1

PLQReprocher l'improvisation la veille, ne rien chiffrer le lendemain

Lundi soir, en sortant de la rencontre des chefs, Charles Milliard résumait ainsi la riposte gouvernementale : « L'improvisation continue et ce soir, les Québécois en paient le prix. » Mardi, jour où le prix change effectivement, il était en Estrie pour annoncer 1 000 ressources spécialisées de plus dans les écoles publiques à compter de 2027-2028 — 400 professionnels, 600 techniciens en éducation spécialisée. La mesure est nette, la répartition est publique, le besoin est documenté. Le coût, lui, ne l'est pas : interrogé, le chef libéral a répondu que la promesse « sera dans son cadre financier ».

Le faux pas n'est pas l'annonce, c'est la position. Sur cinq chefs, quatre ont posé un chiffre sur quelque chose ce mardi ; le seul qui reprochait la veille à la première ministre son improvisation budgétaire est celui qui n'en a posé aucun, et sur un poste de dépense récurrent — mille salaires — dont l'ordre de grandeur est parfaitement calculable. Le PCQ a chiffré son plan santé à 300 M$ plus 267 M$ le même matin, sans être au gouvernement. Un cadre financier annoncé n'est pas un cadre financier publié, et à J-27 la différence commence à se voir.

Fait de campagne — Radio-Canada, 7 septembre 2026, pour la citation de Charles Milliard à la sortie de la rencontre des chefs · Noovo Info / La Presse Canadienne, 8 septembre 2026, pour l'annonce des 1 000 ressources, la répartition 400/600, l'échéance 2027-2028 et l'absence de coût chiffré · Les Affaires, 8 septembre 2026, pour les montants du plan santé conservateur. Aucune prémisse du socle ne mesure la masse salariale scolaire : il s'agit d'un fait de campagne daté, non d'un fait du socle.

Bons coups 1

QSLe seul à arriver le jour même avec une somme et un instrument

Le 24 août, Québec solidaire chiffrait à 1 G$ par année jusqu'en 2028 la provision qu'il faudrait contre les tarifs. Le 8 septembre, le jour où les contre-tarifs entrent en vigueur, Ruba Ghazal et Sol Zanetti sont revenus avec la même mesure, désormais nommée et bornée : une « provision Trump » de 2 G$ sur deux ans pour les entreprises directement touchées, « pour que les entreprises d'ici maintiennent des emplois ici » et aient « le temps de transformer leur production, d'avoir d'autres clients ». S'y ajoute un instrument de rapport de forces : « il faut brandir la menace d'augmenter les tarifs sur l'hydroélectricité qu'on exporte aux États-Unis. »

Le coup est de calendrier, pas d'invention. Deux ans à 1 G$ par année, c'est exactement le rythme annoncé le 24 août : QS ne double pas sa provision, il la borne et la rend comparable, ce que personne d'autre n'a fait ce mardi. Le PQ promet de l'aide ciblée sans montant ; le PLQ et le PCQ ont parlé d'autre chose ; le gouvernement a produit un volume de contrats et une projection de comportement, ni l'un ni l'autre n'étant une provision budgétaire. Sur le seul plan de la comparabilité, QS est le seul parti dont l'engagement tarifaire du jour se laisse écrire en dollars par année.

Nature du coup — chiffrage et calendrier. Noovo Info / La Presse Canadienne, 8 septembre 2026, « Québec Solidaire propose une “provision Trump” de 2 G$ » (Stéphane Blais, 11 h 03 HAE) pour les 2 G$, les citations et l'hydroélectricité · Radio-Canada, couverture en direct du jour 13, entrée de 17 h 01, pour l'horizon de deux ans · Noovo Info, 24 août 2026, pour la provision de 1 G$ par année jusqu'en 2028. La division 2 G$ ÷ 2 ans = 1 G$ par année est faite par QuébExpress ; QS n'a pas présenté sa mesure comme une reconduction.

Tendance de la semaine

Cinq sondages depuis le déclenchement, un seul point d'écart d'un Léger à l'autre

Depuis le 27 août, cinq sondages ont pris le terrain. Le PQ y est à 28, 29, 29, 29 et 29 %. La CAQ à 27, 24, 24, 24 et 23 %. Le seul mouvement mesurable d'une maison à elle-même est le Léger du 31 août au Léger du 6 septembre : CAQ 24 → 23, tout le reste identique — PQ 29, PLQ 22, PCQ 15, QS 10 —, avec une marge de ±3,09 %. Un point sur six ne se distingue pas du bruit ; c'est le sondeur lui-même qui titre « le vote se stabilise ».

Le modèle bouge tout aussi peu et dans le même sens : Qc125 déplace un siège de la CAQ et un du PCQ vers le PQ et le PLQ entre le 7 et le 8 septembre, sans qu'aucune intention de vote change de plus de deux dixièmes de point. Ce qui reste immobile est plus parlant que ce qui bouge : 60 % veulent un changement de gouvernement contre 18 % qui n'en veulent pas, et le PQ demeure à 10 sièges de la majorité dans le scénario central. Verdict : plateau — le cinquième relevé d'affilée sans mouvement, et le premier où la journée mesurée, le 6 septembre, précède d'une nuit le seul événement économique daté de la campagne.

Verdict de semaine — plateau. Sources : Léger, terrain du 4 au 6 septembre 2026, n = 1 008, ±3,09 %, publié le 8 septembre · Wikipédia, liste des sondages sur les élections générales québécoises de 2026 (maisons, terrains, tailles d'échantillon) · Qc125, mises à jour des 7 et 8 septembre 2026.
RepèreDatePQCAQPLQPCQQS
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)4-6 sept.29 %23 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (n = 1 040, ±2,9 %)5 sept.29 %24 %20 %15 %11 %
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)31 août29 %24 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (n = 1 108, ±2,9 %)29 août29 %24 %22 %16 %9 %
Synopsis – La Presse (n = 1 009, ±3,15 %)27 août28 %27 %20 %14 %10 %
Qc125 — agrégat des intentions de vote8 sept.29,4 % ±3,324,3 % ±3,020,7 % ±2,515,0 % ±2,39,9 % ±1,8
Qc125 — projection de sièges8 sept.542431108
Qc125 — fourchette de sièges8 sept.34-726-4525-375-153-11
Qc125 — projection de sièges (comparatif)7 sept.532530118

Qc125, 8 septembre 2026 : le PQ a 89 % de chances d'obtenir le plus de sièges (10 % pour la CAQ, 1 % pour le PLQ), 71 % de chances de gouverner en minorité et 17 % d'obtenir une majorité — contre 88 %, 72 % et 16 % la veille. Les cinq projections de sièges totalisent 127. Majorité à 64 ; le PQ en est à 10 sièges.

Chemin parcouru

Perspectives

ForteLa campagne va désormais être jugée sur des factures, pas sur des dates

Le compte à rebours est terminé : les contre-tarifs s'appliquent depuis cette nuit sur environ 27,6 G$ d'importations américaines, à 15, 25 et 50 %, et les catégories visées — produits laitiers, électroménagers, électronique, vêtements, meubles — sont celles du panier des ménages, non des intrants industriels. Dans l'autre sens, le Québec place 69,8 % de ses exportations de marchandises aux États-Unis (comm-expo-peus-qc) et celles-ci ont reculé de 11,2 % sur les cinq premiers mois de 2026 (comm-expo-vareus-qc), pendant que le taux tarifaire effectif moyen sur les marchandises canadiennes a doublé d'environ 3 à environ 6 % (comm-tari-effect-ca) et que plus de 80 % des exportations passent toujours en franchise sous l'ACEUM (comm-tari-franc-ca).

Cotée forte parce que rien de tout cela ne dépend d'une décision de campagne. Les quatre prémisses bornent la lecture dans les deux sens et fixent le terrain des trois prochaines semaines : à partir de maintenant, chaque promesse sera confrontée non plus à une date qui approche, mais à des prix observés. Le prochain relevé d'inflation et les prochaines données mensuelles d'exportations deviennent des événements de campagne.

MoyenneLe bouclier sera jugé sur ses 10 %, pas sur ses 1,5 G$

Le gouvernement a produit le seul dispositif applicable du jour, et il l'a produit vite : réservation d'appels d'offres, exigence de 15 % de contenu local sous le seuil des accords, cellule tactique à Investissement Québec International, accès accéléré au programme FORCE, 144 M$ pour la forêt. Mais ses deux nombres d'affiche se dégonflent à l'examen — au plus 150 M$ de déplacement contractuel réel, et 3 G$ suspendus au comportement des ménages —, et l'opposition a déjà nommé la faille : « chorégraphie » pour le PQ, « improvisation » pour le PLQ.

Cotée moyenne parce que l'issue dépend d'une donnée qui n'existe pas encore. Aucun sondage n'a mesuré une seule heure du jour 13 : le terrain le plus frais, celui du Léger, s'arrête au 6 septembre. Et le socle ne porte aucun taux tarifaire effectif propre au Québec, ce qui interdit de vérifier l'estimation gouvernementale d'un impact « de 5 % » sur les entreprises québécoises autrement qu'en la citant. Une mécanique plausible sans mesure postérieure reste une hypothèse.

FaibleLe référendum redevient l'axe de la dernière ligne droite

Le jour 13 a rouvert la question nationale sur trois fronts : Éric Duhaime promet de bloquer tout projet référendaire s'il détient la balance du pouvoir — « avec nous, il n'y en aura pas de référendum » —, Christine Fréchette a mis en doute la viabilité d'un Québec indépendant et Paul St-Pierre Plamondon lui a répondu qu'elle brandissait « l'épouvantail Trump ». Charles Milliard a mis en garde contre l'ambivalence caquiste. Quatre chefs sur cinq ont donc parlé de souveraineté le jour où le tarif est entré en vigueur.

Cotée faible pour trois raisons mesurées. Le parti qui pose l'ultimatum est projeté à 15,0 % et 10 sièges sur 127 (Qc125, 8 septembre) : la balance du pouvoir qu'il invoque suppose une Assemblée qu'aucune fourchette actuelle ne garantit, le PQ étant projeté entre 34 et 72 sièges. Ensuite, le Léger du 4 au 6 septembre place la première ministre en tête sur les tarifs et l'économie à 24 %, et le chef du PQ en tête sur l'immigration à 25 % — aucun des deux thèmes n'est la souveraineté. Enfin, 60 % des répondants disent vouloir un changement de gouvernement : l'axe qui structure ce sondage est l'alternance, pas le statut constitutionnel.

Sources du jour