Mercredi 9 septembre 2026 jour 14 de campagne J-26 avant le scrutin 127 sièges · majorité à 64

La question du jour

Au jour 14, le PCQ coupe 20 000 postes d'État et le PLQ 12 000 : combien de ces suppressions visent le tarif ?

L'umami du jour

Vingt-quatre heures après l'entrée en vigueur des contre-tarifs, la campagne a changé d'axe : ce n'est plus le commerce extérieur, c'est la taille de l'État. Quatre partis ont posé un nombre sur la fonction publique le même mercredi — 20 000 postes de moins pour le PCQ, 12 000 pour le PLQ, 2 900 par départ volontaire pour la CAQ, et pour le PQ une baisse de 2,5 % des coûts de rémunération du secteur public sur trois ans. Québec solidaire n'a tenu aucune activité de campagne. Aucun de ces nombres ne touche les 69,8 % d'exportations québécoises qui partent aux États-Unis. Et le document qui structure la journée, le cadre financier conservateur, ressort de la presse du soir avec deux totaux qui ne se rejoignent pas : 47 G$ d'économies sur cinq ans selon La Presse Canadienne, 36,5 G$ selon le Journal Métro.

Tendances 3

PCQLe cadre financier conservateur : 20 000 postes, 25 G$ de baisses d'impôt, équilibre à l'an 4

Éric Duhaime a présenté son cadre financier à 8 h 05, au Centre des congrès de Québec. Les chiffres publiés par La Presse Canadienne : le parti « prévoit économiser 47 milliards $ en cinq ans en coupant dans les dépenses de l'État, ce qui inclut la suppression de 20 000 postes de fonctionnaires ». Le coût total des promesses est de 52,57 G$ sur cinq ans, financé par 60,3 G$ de « revenus additionnels ». La baisse d'impôt, qualifiée d'historique par le chef, coûterait 25 G$ sur cinq ans ; l'abolition des subventions et aides aux entreprises rapporterait 19,47 G$. Un ménage moyen « économiserait 11 166 $ en impôts et en taxes au cours du premier mandat ».

Radio-Canada relève le profil temporel : « un retour à l'équilibre budgétaire à la quatrième année, générant un surplus de 336 millions de dollars après le versement au Fonds des générations, puis un surplus de 1,8 milliard de dollars à la cinquième année, sans écart à résorber ». Le Journal Métro situe cet équilibre en 2029-2030 — les deux lectures concordent si le premier exercice est 2026-2027. Une pièce manque au tableau : le troisième lien entre Québec et Lévis ne figure pas dans le cadre. « On va effectivement présenter un plan sur l'ensemble des infrastructures » dans les prochains jours, a dit le chef, précisant que la méthode comptable retenue ne l'y intégrait pas et que le parti n'avait « fermé aucune porte » sur un montage avec le privé.

Repères datés — Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, « Le PCQ vise l'équilibre budgétaire en 4 ans avec des coupes majeures » (Stéphane Blais, 10 h 42, mis à jour 15 h 27) pour 47 G$, 20 000 postes, 52,57 G$, 60,3 G$, 25 G$, 19,47 G$ et 11 166 $ · Radio-Canada, couverture en direct du jour 14, entrées de 15 h 57 et 17 h 02 HAE, pour le surplus de 336 M$ à l'an 4 et de 1,8 G$ à l'an 5 · Radio-Canada, 9 septembre 2026, « Exclu de son cadre financier, un 3e lien avec le privé considéré par le PCQ » (Félix Morrissette-Beaulieu, 13 h 01 HAE) · Journal Métro, 9 septembre 2026, « Élections Jour 14 — Coupures et construction » (Olivier Robichaud, 16 h 24) pour l'exercice 2029-2030. Le socle ne porte aucune prémisse sur les dépenses de programmes du Québec : ces montants sont des chiffres de parti rapportés, non des faits vérifiés.
TOUSQuatre partis, quatre nombres sur la fonction publique — et un cinquième silencieux

La journée s'est jouée sur un seul axe. Charles Milliard a ouvert à 9 h, au parc de la Francophonie à Québec, avec une « modernisation de l'État » en trois volets : « supprimer 12 000 postes à temps plein sur cinq ans » par attrition, départs volontaires et redéploiements, la fin de l'autopromotion gouvernementale et un contrôle resserré du jeu en ligne. « Les libéraux croient pouvoir économiser 1,7 milliard $ avec ces coupes. » Le même article de La Presse Canadienne aligne les trois autres positions : « La cheffe caquiste, Christine Fréchette, compte abolir 2900 postes de fonctionnaires par un programme de départ volontaire. Les conservateurs promettent plutôt d'en supprimer 20 000. » Et « du côté du Parti québécois, on propose de réduire les coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5 % sur trois ans » — le seul des quatre à raisonner en masse salariale plutôt qu'en têtes.

Le rapport entre les deux extrêmes est de 6,9 : le PCQ supprime 6,9 fois plus de postes que la CAQ. Le PLQ se place au milieu, et c'est là que l'arithmétique se dérobe : l'article qui annonce les 12 000 postes chiffre l'économie à 1,7 G$ sans publier d'horizon. Si le montant est annuel, chaque poste supprimé vaut 141 667 $ par année ; s'il porte sur les cinq ans du plan, 28 333 $ par poste et par année. Un facteur cinq sépare les deux lectures d'une même phrase. Quant à Ruba Ghazal, elle n'avait « aucune activité prévue liée à la campagne électorale » ce mercredi : Québec solidaire est le seul parti à n'avoir posé aucun nombre sur l'État le jour où les quatre autres l'ont fait.

Repères datés — Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, « Le Parti libéral du Québec veut couper 12 000 fonctionnaires sur cinq ans » (Thomas Laberge, 9 h 09, mis à jour 12 h 06) pour les quatre positions et les citations de Charles Milliard · Radio-Canada, couverture en direct du jour 14, entrées de 9 h 54 et 17 h 02 HAE · Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, « Élections Québec 2026, jour 14 : voici l'horaire des chefs de parti aujourd'hui », pour les lieux, les heures et l'absence d'activité de Québec solidaire. Les rapports 6,9 et les deux valeurs par poste sont des calculs de QuébExpress ; aucun parti ne les a publiés, et l'horizon des 1,7 G$ ne figure pas dans la phrase citée. trav-empl-effect-qc 4 607 200 emplois au Québec (ISQ, juillet 2026) — le socle ne porte pas l'effectif de la fonction publique et ne permet donc pas de rapporter ces suppressions à un total.
CAQUn catalogue d'écoles et d'hôpitaux, et le privé évalué dès 10 M$

À 9 h 15, à l'école secondaire Ozias-Leduc de Mont-Saint-Hilaire, Christine Fréchette a annoncé une nouvelle façon de construire les bâtiments publics. Le communiqué de son équipe pose le décor : le Québec investira « 167 G$ dans ses infrastructures au cours des dix prochaines années » et « le déficit de maintien des actifs dépasse déjà 44 G$ ». La mesure centrale est un « catalogue québécois de modèles et de composantes standardisés [qui] sera donc créé pour gagner du temps et réduire les coûts » — cesser de repartir de zéro à chaque école, garderie ou hôpital. S'y ajoutent une règle de sélection — « pour chaque projet public de plus de 10 M$, le mode de réalisation offrant la meilleure valeur aux contribuables sera évalué », les modes collaboratifs et les partenariats public-privé étant explicitement au menu —, l'implication plus précoce des entrepreneurs, et une autorisation gouvernementale unique pour les projets désignés, inspirée du chantier « Q-5 ».

L'après-midi, à la Maison de l'UPA à Longueuil, devant le conseil général : maintenir « le remboursement de la contribution des producteurs agricoles à la bourse du carbone, qui s'est élevé cet été à 87 millions de dollars », et « faire passer de 50 à 100 millions la contribution gouvernementale au Fonds d'investissement pour la relève agricole (FIRA) ». Sur le tarif, la position de la journée tient en une ligne de la couverture en direct : la cheffe ne suspendra pas sa campagne malgré les tarifs. C'est la seule mention du dossier commercial dans une journée caquiste par ailleurs entièrement consacrée à la manière de bâtir et de financer.

Repères datés — Communiqué de l'équipe Fréchette, 9 septembre 2026, repris intégralement par Nouvelles des Laurentides, « L'équipe Fréchette changera les façons de construire et rénover nos infrastructures publiques », pour les 167 G$, les 44 G$, le seuil de 10 M$, le catalogue et l'autorisation unique — chiffres de parti, non vérifiés par une source indépendante, et cités comme tels · Radio-Canada, couverture en direct du jour 14, entrées de 12 h 25, 15 h 10 et 16 h 59 HAE, pour les 87 M$, le FIRA et la campagne non suspendue · Journal Métro, 9 septembre 2026 (Olivier Robichaud), pour les modèles réutilisables et l'implication du privé dès le départ au-delà de 10 M$.

Écarts 2

PCQUn seul cadre financier, trois arithmétiques publiques qui ne se rejoignent pas

L'affirmation du jour : le Parti conservateur a déposé un document chiffré, complet, censé être vérifiable ligne à ligne — c'est tout l'argument de la conférence de 8 h 05, et c'est ce qui distingue le jour 14 des treize précédents.

L'écart : trois lectures publiques du même document, le même jour, donnent trois résultats. Sur le total des compressions, La Presse Canadienne écrit « 47 milliards $ en cinq ans en coupant dans les dépenses de l'État » ; le Journal Métro écrit « plus de 36,5 milliards de dollars sur cinq ans ». Dix milliards et demi séparent les deux totaux. Sur les revenus, l'écart change de signe : La Presse Canadienne rapporte « 60,3 milliards $ de revenus additionnels », le Journal Métro « une diminution des revenus de 28,7 G$ ». Sur la cinquième année, enfin, La Presse Canadienne donne « des revenus totaux de l'État [de] 180 milliards $ alors que les dépenses seraient de 161 milliards $ » — soit dix-neuf milliards d'écart —, tandis que Radio-Canada annonce pour cette même année un surplus de 1,8 G$, dix fois moindre. Les seuls chiffres sur lesquels toutes les sources s'accordent sont les 20 000 postes et les 11 166 $ — et encore : La Presse Canadienne les attribue à « un ménage moyen », le Journal Métro à « chaque contribuable ». QuébExpress ne tranche pas : aucune des trois versions ne peut être départagée sans le document lui-même, qui n'était pas publié à l'heure de cette édition.

Repères datés — Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026 (Stéphane Blais, 10 h 42, mis à jour 15 h 27), phrases citées verbatim · Journal Métro, 9 septembre 2026 (Olivier Robichaud, 16 h 24) · Radio-Canada, couverture en direct du jour 14, entrées de 15 h 57 et 17 h 02 HAE. L'écart de 10,5 G$, la différence de 19 G$ entre 180 et 161, et le rapport de dix avec le surplus de 1,8 G$ sont des soustractions et un quotient faits par QuébExpress à partir des seuls chiffres cités. Aucune prémisse du socle ne mesure les finances publiques québécoises côté dépenses ; fisc-dett-nette-qc 250,3 G$ et fisc-dett-ratio-qc 38,8 % (Finances Québec, 31 mars 2026) sont les deux seuls ancrages fiscaux vérifiés disponibles.
PQ« Jusqu'à 45 000 $ » de TVQ remboursée, pour une enveloppe de 75 M$ par année

L'affirmation du jour : rue de la Varappe, à Québec, Paul St-Pierre Plamondon a promis qu'un gouvernement péquiste « rembourserait la TVQ sur l'achat de maisons neuves ainsi que sur l'autoconstruction (jusqu'à 45 000 $) ». Le plafond est le chiffre d'affiche, celui des manchettes du soir.

L'écart : la même source publie le coût annuel de l'engagement — « cet engagement lui coûterait 75 millions $ par année ». Divisée par le plafond, l'enveloppe couvre au plus 1 667 remboursements complets par année. C'est la borne haute arithmétique, pas une prévision : tous les acheteurs n'atteindront pas le plafond, et l'enveloppe en couvrira donc davantage à montant moyen plus faible — mais dans les deux cas, l'ordre de grandeur est celui de quelques milliers de ménages par année, dans un marché où le chef lui-même situe le problème : « le prix médian d'une maison unifamiliale est passé de 250 000 $ en 2018 à 491 500 $ aujourd'hui », soit une hausse de 96,6 % en huit ans. Le second volet, le doublement du crédit d'impôt pour première propriété de 1 400 $ à 3 000 $, est chiffré à 55 M$. Les deux mesures réunies valent 130 M$ par année — un huitième des 1 090 M$ par année que les seules enveloppes chiffrées du jour 12 mettaient sur la table.

Repère daté — Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, « Le Parti québécois présente son plan d'accès à la propriété » (Caroline Plante, 13 h 54, mis à jour 14 h 30), pour le plafond de 45 000 $, les 75 M$ par année, le crédit de 1 400 $ à 3 000 $, les 55 M$ et le prix médian. Les 1 667 remboursements, la hausse de 96,6 % et le total de 130 M$ sont des calculs de QuébExpress ; le parti n'a publié aucune de ces trois valeurs. Le total de 1 090 M$ par année est celui établi par l'édition 0907 de QuébExpress à partir des annonces du jour 12. econ-prix-ipc-qc 2,3 % d'inflation prévue en 2026 (Finances Québec, mars 2026) — le socle ne porte aucune prémisse sur le prix des logements.

Faux pas 1

CAQRouvrir la porte aux ministres dans les cocktails, le matin où l'on propose de confier écoles et hôpitaux au privé

Le même point de presse de Mont-Saint-Hilaire a produit deux nouvelles. La première : évaluer, pour tout projet public de plus de 10 M$, s'il vaut mieux le réaliser en mode collaboratif ou en partenariat public-privé. La seconde, quelques questions plus loin : « À mon avis, ça peut être intéressant d'avoir des ministres dans des activités, maintenant, à voir si ça respecte les règles. » Christine Fréchette rouvre ainsi une porte que son prédécesseur avait fermée. En 2024, François Legault avait mis fin aux activités de financement public après que la CAQ eut été accusée de monnayer l'accès à ses ministres lors de cocktails ; un an plus tard, les cocktails étaient réautorisés, mais sans ministres. « Pour moi, ce qui est important, c'est de respecter les règles qui encadrent ce type de rencontres », a-t-elle ajouté.

Le faux pas n'est pas la position — le financement politique est encadré par la loi, et la cheffe s'y réfère explicitement. C'est la contiguïté. Dans une seule conférence de presse, un parti propose d'ouvrir plus largement la commande d'infrastructures publiques au secteur privé et de réadmettre ses ministres à des rencontres de financement à 100 $ le billet. Le contexte n'aide pas : la même journée, la cheffe a dû s'expliquer sur les 20 000 $ versés par la CAQ à Olivier Primeau pour une tournée auprès d'entrepreneurs — « Je ne lui serai pas redevable de quoi que ce soit » —, et sur une compilation de La Presse Canadienne faisant état de plus de 100 000 $ recueillis auprès de maires. À J-26, c'est le seul sujet de la journée dont un adversaire n'a pas eu besoin de chiffrer le coût pour en tirer parti.

Fait de campagne — Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, « Fréchette rouvre la porte aux cocktails de financement avec des ministres » (Patrice Bergeron, 10 h 32, mis à jour 12 h 34), pour les trois citations, l'interdiction de 2024, la réautorisation sans ministres un an plus tard, les 100 $, les 20 000 $ et les plus de 100 000 $ · Radio-Canada, couverture en direct du jour 14, entrée de 12 h 52 HAE · Communiqué de l'équipe Fréchette, 9 septembre 2026, pour le seuil de 10 M$ et les partenariats public-privé. Aucune prémisse du socle ne porte sur le financement des partis : il s'agit d'un fait de campagne daté, non d'un fait du socle.

Bons coups 1

PQChaque mesure avec son coût annuel, et le repère de prix qu'elle prétend corriger

Sur cinq annonces du jour 14, une seule publie le coût de chaque mesure séparément, à l'année, et nomme le chiffre du marché contre lequel elle se mesure. Le PQ a annoncé le remboursement de la TVQ pour les premiers acheteurs de maisons neuves et pour l'autoconstruction, jusqu'à 45 000 $ — 75 M$ par année —, et le doublement du crédit d'impôt pour première propriété de 1 400 $ à 3 000 $ — 55 M$. Puis le repère : le prix médian d'une maison unifamiliale est passé de 250 000 $ en 2018 à 491 500 $. « On n'a jamais vu une telle flambée des prix. »

Le coup est de méthode, pas de montant : 130 M$ par année est une petite somme et l'édition le dit plus haut. Mais c'est la seule des cinq annonces du jour qu'un lecteur peut vérifier sans attendre un cadre financier — à comparer au PLQ, qui chiffre 1,7 G$ sans horizon, à la CAQ, dont les 167 G$ et les 44 G$ viennent de son propre communiqué, et au PCQ, dont les totaux divergent d'un média à l'autre. La réserve est ailleurs, et elle est de fond : le chef adosse son diagnostic à l'immigration — « son parti compte réduire de moitié le nombre d'immigrants temporaires présentement au Québec […] de 500 000 à environ 250 000 » —, en précisant qu'il ne s'agit pas « de blâmer qui que ce soit, mais bien de blâmer de très mauvaises politiques ». Aucune prémisse du socle ne mesure l'effet du solde migratoire sur le prix des logements : cette partie du raisonnement est citée, pas validée.

Nature du coup — chiffrage et traçabilité. Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026 (Caroline Plante, 13 h 54, mis à jour 14 h 30), pour les montants, les citations et les nombres d'immigrants temporaires · Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026 (Thomas Laberge), pour les 1,7 G$ libéraux · Communiqué de l'équipe Fréchette, 9 septembre 2026, pour les 167 G$ et les 44 G$ · demo-popu-total-qc 9 100 000 habitants (ISQ, juillet 2025) — seul ancrage démographique vérifié du socle ; il ne ventile ni les statuts migratoires ni les ménages.

Tendance de la semaine

Le jour le plus chargé de la campagne, et pas une seule mesure nouvelle pour le peser

Le 9 septembre n'a produit aucun instrument de mesure. La compilation des sondages sur les élections générales québécoises de 2026 ne recense aucune enquête publiée ce jour-là : le relevé le plus frais reste le Léger dont le terrain court du 4 au 6 septembre, n = 1 008, ±3,09 % — PQ 29 %, CAQ 23 %, PLQ 22 %, PCQ 15 %, QS 10 %. Qc125 n'a pas actualisé sa projection : les pages de parti affichaient encore, le 9 au soir, la mise à jour du 8 septembre — PQ 54 sièges [34-72] et 29,4 % ±3,3 ; CAQ 24 sièges [6-45] et 24,3 % ±3,0.

Il faut donc lire la semaine sur les cinq relevés antérieurs, et ils ne bougent pas : le PQ à 28, 29, 29, 29 et 29 % ; la CAQ à 27, 24, 24, 24 et 23 %. Le seul mouvement mesurable d'une maison à elle-même reste le Léger du 31 août au Léger du 6 septembre, un point sur la CAQ, à l'intérieur de la marge. Ce qui se remarque cette semaine n'est donc pas un déplacement mais un angle mort : les deux journées les plus denses de la campagne — le 8 septembre, jour d'entrée en vigueur des contre-tarifs, et le 9, jour des cadres financiers — ne sont couvertes par aucun terrain publié. Verdict : plateau, pour le sixième relevé d'affilée, avec cette réserve qu'aucun sondage n'a encore mesuré une seule heure des deux journées qui comptent.

Verdict de semaine — plateau. Sources : Wikipédia, liste de sondages sur les élections générales québécoises de 2026, consultée le 9 septembre 2026 (aucune entrée au 9 septembre) · Léger, terrain du 4 au 6 septembre 2026, n = 1 008, panel LEO, ±3,09 %, publié le 8 septembre · Qc125, pages pq.htm et caq.htm consultées le 9 septembre 2026 et affichant la mise à jour du 8 septembre.
RepèreDatePQCAQPLQPCQQS
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)4-6 sept.29 %23 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (n = 1 040, ±2,9 %)5 sept.29 %24 %20 %15 %11 %
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)31 août29 %24 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (n = 1 108, ±2,9 %)29 août29 %24 %22 %16 %9 %
Synopsis – La Presse (n = 1 009, ±3,15 %)27 août28 %27 %20 %14 %10 %
Qc125 — agrégat des intentions de vote (inchangé au 9 sept.)8 sept.29,4 % ±3,324,3 % ±3,0———
Qc125 — projection de sièges (inchangée au 9 sept.)8 sept.542431108
Qc125 — fourchette de sièges (inchangée au 9 sept.)8 sept.34-726-4525-375-153-11
Postes de fonctionnaires supprimés — engagement du jour 149 sept.−2,5 % rém.2 90012 00020 000—

Les deux dernières colonnes de sondage ne sont pas publiées par Qc125 sur les pages consultées le 9 septembre ; les projections de sièges du PLQ, du PCQ et de QS sont celles relevées le 8 septembre et n'ont pas changé. La dernière ligne n'est pas une mesure d'opinion : c'est l'engagement chiffré de chaque parti sur la fonction publique, tel que rapporté le 9 septembre 2026 par La Presse Canadienne. Le PQ y raisonne en coûts de rémunération (−2,5 % sur trois ans) et non en postes ; Québec solidaire n'a rien annoncé ce jour-là. Majorité à 64 ; le PQ en est à 10 sièges dans la projection du 8 septembre.

Chemin parcouru

Perspectives

ForteLa fin de campagne se jouera sur la taille de l'État autant que sur le tarif

Le jour 14 a fait converger quatre partis sur un même axe en une seule journée, sans qu'aucun événement extérieur les y oblige : 20 000 postes pour le PCQ, 12 000 pour le PLQ, 2 900 pour la CAQ, −2,5 % de coûts de rémunération sur trois ans pour le PQ. Ce n'est pas une réaction au tarif, c'est un déplacement d'agenda — et il s'installe au moment où les enveloppes s'accumulent : 1 090 M$ par année au jour 12, un « bouclier » annoncé à 4,5 G$ au jour 13, 52,57 G$ de promesses conservatrices sur cinq ans au jour 14.

Cotée forte parce que la contrainte est structurelle et documentée. La dette nette du Québec est de 250,3 G$, soit 38,8 % du PIB (fisc-dett-nette-qc, fisc-dett-ratio-qc, Finances Québec, 31 mars 2026), et la marge budgétaire dont chacun dispose est conditionnée par une variable exogène : 69,8 % des exportations québécoises de marchandises partent aux États-Unis (comm-expo-peus-qc), elles ont reculé de 11,2 % sur les cinq premiers mois de 2026 (comm-expo-vareus-qc), le taux tarifaire effectif moyen sur les marchandises canadiennes a doublé d'environ 3 à environ 6 % (comm-tari-effect-ca), et plus de 80 % des exportations passent toujours en franchise sous l'ACEUM (comm-tari-franc-ca). Ces quatre prémisses ne changent pas selon le parti qui gouverne : elles fixent le dénominateur de toutes les promesses des trois prochaines semaines.

MoyenneLe cadre financier du PCQ sera jugé sur sa lisibilité avant de l'être sur son ambition

Un document déposé en campagne vaut ce que vaut sa reprise. Or trois sources professionnelles ont publié le 9 septembre trois totaux différents des mêmes compressions — 47 G$, 36,5 G$ — et deux profils de cinquième année incompatibles — 180 G$ contre 161 G$, ou un surplus de 1,8 G$. Le PCQ est projeté à 15,0 % d'intentions de vote et à 10 sièges [5-15] par Qc125 au 8 septembre : c'est de la clarté du document, plus que de l'audace des coupes, que dépend sa capacité à convertir une position de troisième force en levier.

Cotée moyenne parce que l'issue tient à une pièce absente. Le cadre lui-même n'était pas accessible publiquement à l'heure de cette édition, et le troisième lien Québec-Lévis — la mesure la plus identifiée au parti — en est explicitement exclu, avec un plan d'infrastructures promis « dans les prochains jours ». Tant que ce plan n'est pas déposé, l'exercice reste incomplet de l'aveu même du chef ; et aucun sondage n'a mesuré l'effet du dépôt, le terrain le plus frais s'arrêtant au 6 septembre.

FaibleL'accès à la propriété devient l'axe de la dernière ligne droite

Le PQ a placé le logement au centre de sa journée, avec la seule mesure du jour 14 qu'un lecteur peut vérifier sans cadre financier : 75 M$ par année pour le remboursement de la TVQ, 55 M$ pour le crédit doublé, adossés à un prix médian passé de 250 000 $ en 2018 à 491 500 $. Le sujet est vif, la démonstration tient, et le parti mène la projection avec 54 sièges au 8 septembre.

Cotée faible pour trois raisons mesurées. Le montant d'abord : 130 M$ par année, soit un huitième des 1 090 M$ par année qu'annonçaient les seules enveloppes chiffrées du jour 12 — l'axe est plus petit que celui qu'il remplacerait. L'arithmétique ensuite : 75 M$ divisés par un plafond de 45 000 $ ne couvrent au plus que 1 667 remboursements complets par année, dans un marché dont le prix médian a progressé de 96,6 % en huit ans. Le calendrier enfin : le levier principal invoqué par le chef, ramener de 500 000 à environ 250 000 le nombre d'immigrants temporaires, n'est pas une mesure budgétaire et le socle ne porte aucune prémisse permettant d'en évaluer l'effet sur les prix. Un axe qui tient sur 130 M$ par année et sur un raisonnement non validé résiste mal à trois semaines de campagne.

Sources du jour