Vendredi 11 septembre 2026 jour 16 de campagne J-24 avant le scrutin 127 sièges · majorité à 64

La question du jour

Le plan essence du PQ fait les titres à 700 M$, mais sa remise de 125 $ coûte 450 M$ de plus : quel est son vrai prix ?

L'umami du jour

« Un plan à 700 millions » : c'est le chiffre qui a fait les titres du jour 16, pour 7 ¢ de moins le litre pendant un an. La dépêche de La Presse Canadienne en publie un second — 450 M$ pour une remise annuelle de 125 $ aux revenus de moins de 40 000 $, financée « à même les surplus du Fonds vert ». Additionnés, 1,15 G$ : 64 % de plus que le titre, et davantage que le milliard par année que Québec solidaire réclamait contre les tarifs le 24 août.

Tendances 3

TOUSTrois partis, trois routes, une même année d'arrivée : 2029-2030

À 13 h 15, sur l'Esplanade Tranquille à Montréal, Québec solidaire a déposé son cadre financier, deux jours après celui du Parti conservateur. Le document « tient sur une demi-douzaine de pages » et « vise un retour à l'équilibre en 2029-2030 ». C'est l'année que retient aussi la CAQ, qui affirme atteindre « le déficit zéro en 2029-2030 […] tout en admettant qu'il devra, d'ici là, combler 2 milliards de dollars en écarts à résorber, soit des compressions budgétaires qui n'ont pas encore été identifiées ». Et c'est celle du PCQ, dont le Journal Métro situait l'équilibre en 2029-2030 le 9 septembre. Trois trajectoires opposées — hausse d'impôt au-delà de 110 000 $ de revenu et taxe sur les grandes fortunes pour QS, 20 000 postes supprimés et 25 G$ de baisses d'impôt pour le PCQ, 2 G$ de compressions non identifiées pour la CAQ — convergent sur le même exercice.

Le quatrième cadre a désormais une date : le Parti québécois a annoncé le sien pour le 15 septembre, et une ligne en est sortie dès le 11 au matin — 130 M$ pour un référendum (voir Faux pas). Quant au PCQ, il a consacré son jour 16 au logement, avec la seule des annonces résumées par Radio-Canada à 17 h 30 qui ne porte aucun montant : « libéraliser » l'industrie de la construction et alléger la réglementation, parce que « le problème du marché du logement au Québec, ce n'est pas un manque de subventions ou de normes », selon Éric Duhaime, pour qui « le Québec a le régime le plus surréglementé au Canada, qui nous empêche de bâtir aussi rapidement ».

Repères datés — Radio-Canada, 11 septembre 2026, « QS augmenterait les impôts des “10 % les plus riches” » (Jérôme Labbé, 13 h 20, mis à jour 16 h 04 HAE), pour la demi-douzaine de pages, l'équilibre 2029-2030, le seuil de 110 000 $ et les 2 G$ d'écarts à résorber de la CAQ · Journal Métro, 9 septembre 2026 (Olivier Robichaud), pour l'équilibre du PCQ en 2029-2030, et Noovo Info / La Presse Canadienne, 9 septembre 2026, pour les 20 000 postes et les 25 G$ — repères établis par l'édition 0909 · Radio-Canada / La Presse canadienne, 11 septembre 2026 (9 h 25, mis à jour 13 h 37 HAE), pour le cadre du PQ annoncé au 15 septembre · Noovo Info / La Presse Canadienne, 11 septembre 2026 (8 h 51), pour les citations d'Éric Duhaime · Radio-Canada, couverture en direct du jour 16, entrée de 17 h 30 HAE. fisc-dett-nette-qc 250,3 G$ et fisc-dett-ratio-qc 38,8 % (Finances Québec, 31 mars 2026) — point de départ commun des trois trajectoires ; le socle ne porte aucune prémisse sur les dépenses de programmes.
TOUSWashington fixe l'interdiction au 29 septembre, Ottawa temporise, la campagne regarde ailleurs

La riposte américaine aux contre-tarifs du 8 septembre a maintenant un calendrier. Selon l'AFP, Washington interdira à compter du 29 septembre l'importation de « toutes sortes de boissons alcoolisées mais aussi un produit laitier comme le lactosérum ou les grosses motos », et a « relevé les droits de douane à compter du 15 septembre » sur d'autres marchandises, « allant des matelas aux bateaux à moteur en passant par les voiturettes de golf ». Quelques produits canadiens sont au contraire libérés de la surtaxe : « le papier toilette en fait partie ». L'Associated Press ajoute l'exclusion des produits canadiens des grands contrats publics américains de long terme. Le 10 septembre, Mark Carney a jugé ces mesures « relatively modest » au regard de ce que l'administration américaine avait déjà fait, en laissant entendre qu'Ottawa pourrait s'abstenir de riposter ; l'économiste Derek Holt, de la Banque Scotia, y voit une manière de « save face » plus qu'une escalade.

Le 29 septembre tombe à J-6 du scrutin, le 15 à J-20. Aucune des annonces du jour 16 résumées par la couverture en direct de Radio-Canada à 17 h 30 ne porte sur ces mesures, ni sur ces dates. Les prémisses bornent le risque dans les deux sens : 69,8 % des exportations québécoises de marchandises vont aux États-Unis, mais plus de 80 % des exportations canadiennes passent toujours en franchise sous l'ACEUM et le taux effectif moyen se tient autour de 6 %. Le socle ne mesure pas la part québécoise des boissons alcoolisées, du lactosérum ou des motos visés : QuébExpress ne chiffre donc pas l'exposition du Québec à cette riposte.

Repères datés — franceinfo avec l'AFP, 9 septembre 2026 (7 h 18, mis à jour 7 h 41), « Donald Trump interdit des produits canadiens, le conflit commercial entre Washington et Ottawa s'envenime », citations verbatim · Associated Press, 10 septembre 2026, repris par Local 10, pour les contrats publics, la citation de Mark Carney et celle de Derek Holt · Radio-Canada, couverture en direct du jour 16, entrée de 17 h 30 HAE. comm-expo-peus-qc 69,8 % (ISQ, 2025) · comm-tari-franc-ca plus de 80 % et comm-tari-effect-ca environ 6 % (RBC Économique, 22 août 2026) · comm-tari-a338-ca 50 % (Gouvernement du Québec, 22 août 2026).
PLQAînés : 700 M$ libéraux sur quatre ans, 40 M$ caquistes par année

À 9 h 15, au Centre 55+ de Châteauguay, Charles Milliard a promis 700 M$ sur quatre ans pour bonifier les soins à domicile, 80 M$ supplémentaires sur quatre ans pour adapter les domiciles et 200 M$ sur quatre ans pour les organismes communautaires, avec une révision des critères du crédit d'impôt destiné aux proches aidants — « Prendre soin de quelqu'un qu'on aime ne devrait jamais devenir une source d'appauvrissement ». Il en dénombre 2,1 millions au Québec. Le même matin, à La Baie, Christine Fréchette s'engageait à élargir la couverture publique des prothèses auditives pour 40 M$ par année ; le communiqué de son équipe évalue à près de 680 000 les Québécois vivant avec une perte auditive modérée à profonde, et à « jusqu'à 6 000 $ » ce que certains doivent débourser.

Annualisé, l'engagement libéral principal vaut 175 M$ par année — un peu plus de la moitié des 325 M$ par année que le PQ promettait au même poste le 7 septembre, avec 1,3 G$ sur quatre ans. Avec l'adaptation et le communautaire, l'enveloppe libérale atteint 980 M$ sur quatre ans, soit 245 M$ par année. Rapportés à la population, les 2,1 millions de proches aidants cités par le chef représentent 23 % des Québécois. Ces enveloppes restent à l'échelle de quelques centaines de millions par année, quand le plan essence du même jour mobilise 700 M$ en une seule année.

Repères datés — Radio-Canada, couverture en direct du jour 16, entrée de 17 h 30 HAE, pour les 700 M$ sur quatre ans et les 40 M$ par année · Noovo Info, 11 septembre 2026, « Charles Milliard promet 700 M$ supplémentaires pour le soutien à domicile » (Stéphane Blais, 10 h 20), pour les 80 M$, les 200 M$, les 2,1 millions de proches aidants et la citation · Communiqué de l'équipe Fréchette, 11 septembre 2026, repris par Info Mauricie, pour les 680 000 personnes et les 6 000 $ — chiffres de parti, cités comme tels · Noovo Info, 7 septembre 2026, pour les 1,3 G$ sur quatre ans du PQ, repère établi par l'édition 0907. Les montants annuels (175 M$, 245 M$, 325 M$) et la part de 23 % sont des calculs de QuébExpress. demo-popu-total-qc 9 100 000 habitants (ISQ, juillet 2025).

Écarts 2

PQ« Un plan à 700 millions » — ou 1,15 G$ selon la même dépêche

L'affirmation du jour : au parc St-Mark de Longueuil, Paul St-Pierre Plamondon a promis de réduire de moitié la TVQ sur l'essence et de « cesser d'imposer la taxe sur le prix déjà taxé », soit « une diminution évaluée à environ 0,07 $ le litre », pendant un an. Radio-Canada résume à 17 h 30 : un répit de 7 ¢ le litre « en plus de rembourser les plus démunis », et « selon les estimations de Paul St-Pierre Plamondon, ce plan coûterait environ 700 millions de dollars à l'État ». La Presse titre : « Un plan à 700 millions pour réduire le prix de l'essence ».

L'écart : La Presse Canadienne, reprise par Noovo, attribue les 700 M$ à la seule baisse de TVQ — « ce qui priverait l'État de 700 millions $ durant cette année » — et chiffre à part le remboursement annuel de 125 $ aux personnes dont le revenu est inférieur à 40 000 $ : « une mesure évaluée à 450 millions $, mais qui serait financée, elle, à même les surplus du Fonds vert ». Additionnées, les deux mesures font 1,15 G$, soit 64 % de plus que le chiffre des titres ; divisés par 125 $, les 450 M$ correspondent à 3,6 millions de remboursements. La dépêche ne s'additionne pas non plus à la pompe : elle annonce « une économie de 200 $ » par année pour un plein de 60 litres par semaine, puis « une économie annuelle de 345 $, ou 6,63 $ par semaine » pour qui cumule les deux mesures. Or 200 $ et 125 $ font 325 $, et 7 ¢ × 60 litres × 52 semaines font 218,40 $ : c'est une économie d'environ 220 $, non de 200 $, qui rend les 345 $ cohérents. QuébExpress ne tranche pas entre 700 M$ et 1,15 G$ : le cadre financier du PQ, annoncé pour le 15 septembre, devra le dire.

Repères datés — Noovo Info / La Presse Canadienne, 11 septembre 2026, « Le PQ veut baisser le prix de l'essence et faire une remise aux petits revenus » (Pierre Saint-Arnaud, 13 h 08), phrases citées verbatim · Radio-Canada, couverture en direct du jour 16, entrée de 17 h 30 HAE · La Presse, 11 septembre 2026, titre relevé en index de recherche (page refusée, erreur 403) · Noovo Info, 24 août 2026, pour la provision de 1 G$ par année de Québec solidaire, repère établi par les éditions 0906 et 0907. Les valeurs 1,15 G$, 64 %, 3,6 millions, 325 $ et 218,40 $ sont des calculs de QuébExpress. Le socle ne porte aucune prémisse sur le prix des carburants ; econ-prix-ipc-qc 2,3 % d'inflation prévue en 2026 (Finances Québec, mars 2026).
QS5 G$ de taxe sur les grandes fortunes : par année, ou en tout ?

L'affirmation du jour : « On peut se donner les moyens de nos ambitions pour contrer l'austérité et freiner la désintégration de nos services publics », a déclaré Ruba Ghazal. Son parti évalue ses promesses à « près de 10,5 milliards $ sur quatre ans » et prévoit les financer « en grande partie » par sa taxe sur les ultrariches — 1 % sur les fortunes de 25 M$ et plus, 2 % au-delà de 100 M$.

L'écart : la taille de cette « grande partie » dépend du média. Radio-Canada écrit que la taxe « pourrait rapporter 5 milliards par année au gouvernement », selon le parti. La Presse Canadienne place les mêmes 5 G$ à l'intérieur d'un total : QS « calcule pouvoir générer près de 10,5 milliards $ de nouveaux revenus d'ici 2030-2031. De ce montant, 5 milliards $ proviendraient » de cet impôt. Sur un horizon de quatre ans, la première lecture donne 20 G$, la seconde 5 G$ — un facteur quatre. L'autre chiffre du cadre, lui, est publié contre le parti : le ratio dette/PIB « atteindrait 40,4 % au terme de l'exercice 2030-2031, alors que la prévision évoquée dans le rapport préélectoral du ministère des Finances se situe plutôt à 36 % » — 4,4 points de plus, pour financer 26,8 G$ d'investissements supplémentaires au Plan québécois des infrastructures, dont 9,2 G$ en transport collectif, tout en suspendant les versements au Fonds des générations, « un peu plus de 10 milliards de dollars sur 4 ans ». QS rappelle qu'en 2019 le poids de la dette s'élevait à 42,9 %. Le socle porte 38,8 % au 31 mars 2026 pour la dette nette ; si le ratio cité est le même — l'article ne précise pas s'il s'agit de la dette nette ou brute —, la trajectoire solidaire remonterait de 1,6 point en cinq exercices au lieu de redescendre.

Repères datés — Radio-Canada, 11 septembre 2026 (Jérôme Labbé, 13 h 20, mis à jour 16 h 04 HAE), phrases citées verbatim · Noovo Info / La Presse Canadienne, 11 septembre 2026, « Québec solidaire prévoit des promesses de près de 10,5 milliards $ sur quatre ans » (Frédéric Lacroix-Couture, 15 h 02), phrases citées verbatim. Le facteur quatre (5 G$ × 4 = 20 G$), l'écart de 4,4 points et celui de 1,6 point sont des calculs de QuébExpress ; aucune des deux lectures des 5 G$ ne peut être départagée sans le document du parti, qui n'a pas été consulté à la source. fisc-dett-ratio-qc 38,8 % et fisc-dett-nette-qc 250,3 G$ (Finances Québec, 31 mars 2026).

Faux pas 1

PQUn référendum à 130 M$, quatre jours avant le cadre qui devait le contenir

Le PQ a annoncé son cadre financier pour le 15 septembre ; une ligne en est sortie le 11 au matin. Selon La Presse canadienne, reprise par Radio-Canada à 9 h 25, le parti a prévu 130 M$ pour le référendum qu'il entend tenir : 10 M$ en 2027-2028 pour des études et des consultations, 10 M$ de plus en 2028-2029, puis 110 M$ en 2029-2030 pour la tenue du vote. Pressé de s'expliquer, Paul St-Pierre Plamondon a répondu qu'« il y a un prix à la démocratie », qu'« on ne s'excusera pas d'être en démocratie », et que « le coût réel de préparation, c'est autour de 20 millions $, peut-être 30 millions $ » — soit jusqu'à 10 M$ de plus que les 20 M$ inscrits pour les deux premières années.

Le faux pas n'est pas d'avoir chiffré — c'est ce que QuébExpress réclame de chaque parti. C'est la séquence. Le jour où le PQ voulait parler du prix de l'essence, le seul chiffre de son cadre connu avant le 15 septembre porte sur la souveraineté, sans le reste du document pour le mettre à l'échelle : 130 M$ en trois exercices, c'est moins du cinquième des 700 M$ que le même parti propose de consacrer à l'essence en une seule année. Radio-Canada rapporte que le chef « répond à ses adversaires qui critiquent sa démarche » ; l'après-midi, Charles Milliard retournait la question nationale contre Christine Fréchette : « Ce matin, Mme Fréchette a eu 13 occasions de préciser sa pensée sur la question nationale. Elle a mentionné à 13 reprises qu'elle était autonomiste ». Le coût du référendum a fait l'un des titres du jour 16 ; le plan essence, l'autre.

Fait de campagne — Radio-Canada / La Presse canadienne, 11 septembre 2026, « Le Parti québécois a prévu 130 millions $ dans son cadre financier pour le référendum » (9 h 25, mis à jour 13 h 37 HAE), pour la ventilation, les citations et l'annonce du cadre au 15 septembre · Radio-Canada, couverture en direct du jour 16, entrées de 13 h 32 et 15 h 45 HAE · Le Devoir, « Le coût du référendum ravive les attaques contre le Parti québécois », et Les Affaires, « Jour 16 : le PQ s'attire les foudres en estimant les coûts éventuels du référendum à 130M$ », titres relevés en index de recherche seulement (pages refusées, erreur 403). Le rapport de moins d'un cinquième (130 ÷ 700 = 0,19) est un calcul de QuébExpress. Repère daté — inst-scru-datel-qc scrutin général le 5 octobre 2026 (Élections Québec) ; aucune prémisse du socle ne porte sur le coût d'un scrutin.

Bons coups 1

CAQPrès de 800 M$ pour la région de Québec, avec le déjà-annoncé mis à part

À 13 h, au Domaine de Maizerets, Christine Fréchette a présenté ses engagements pour la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches : « près de 800 millions de dollars », d'abord pour l'école. Le chiffrage rapporté par Radio-Canada sépare ce qui est déjà annoncé — « ces projets déjà annoncés représentent des investissements de 163 millions de dollars » — de ce qui est nouveau : « la CAQ projette d'investir 603 millions de dollars » dans « 15 projets de construction et de rénovation d'écoles », dont « une nouvelle école secondaire pouvant accueillir 48 groupes à Beauport ». Le besoin est adossé à un repère démographique : ces deux régions sont celles « qui verront leur population augmenter le plus fortement d'ici 2051 » et elles « devraient franchir le cap du million d'habitants au tournant de 2041 ».

Le coup est de méthode. Le 8 septembre, le « bouclier » caquiste additionnait des contrats réservés, une projection de dépenses des ménages et une aide sectorielle sans les distinguer ; le 11, le même parti isole 163 M$ de projets connus, soit 21 % des 766 M$ ventilés dans l'article, et laisse 603 M$ de neuf, soit 79 %. Un lecteur peut ainsi savoir combien d'argent nouveau l'engagement met réellement sur la table. La réserve tient dans l'écart entre ces 766 M$ et le « près de 800 » affiché : 34 M$ que l'article ne chiffre pas poste par poste.

Nature du coup — traçabilité du chiffrage. Radio-Canada, 11 septembre 2026, « L'éducation au cœur des priorités de la CAQ pour Québec » (13 h 54, mis à jour 15 h 44 HAE), phrases citées verbatim · Noovo Info / La Presse Canadienne, 11 septembre 2026 (5 h 10), pour le lieu et l'heure · Radio-Canada, 8 septembre 2026 (Joëlle Girard), pour le « bouclier », repère établi par l'édition 0908. Les valeurs 766 M$, 21 %, 79 % et 34 M$ sont des calculs de QuébExpress. demo-popu-total-qc 9 100 000 habitants (ISQ, juillet 2025) — le socle ne ventile pas la population par région et ne porte aucune projection démographique.

Tendance de la semaine

Qc125 déplace un siège du PQ vers la CAQ sans qu'aucune intention de vote bouge

Aucun sondage n'a été publié depuis le Léger dont le terrain s'est terminé le 6 septembre : la compilation Wikipédia consultée le 11 septembre n'en recense aucun postérieur. Le relevé le plus frais reste donc Léger, du 4 au 6 septembre, n = 1 008, ±3,09 % — PQ 29 %, CAQ 23 %, PLQ 22 %, PCQ 15 %, QS 10 %. Qc125 a pourtant mis sa projection à jour le 10 septembre : PQ 53 sièges [34-73], CAQ 25 [5-46], PLQ 31 [25-37], PCQ 10 [5-15], QS 8 [3-11]. Par rapport au 8 septembre, le PQ perd un siège et la CAQ en gagne un, alors que leurs projections de vote n'ont pas bougé d'un dixième — 29,4 % et 24,3 % — et que seules leurs marges s'élargissent, de ±3,3 à ±3,4 et de ±3,0 à ±3,2.

Qc125 donne au PQ 87 % de chances de terminer premier en sièges — 69 % sans majorité et 18 % avec — contre 11 % à la CAQ et moins de 1 % au PLQ. C'est la même lecture que le 7 septembre, quand trois sièges s'étaient déplacés sans qu'aucune intention de vote bouge d'un point : la projection respire à la marge, les sondages ne bougent pas. Les journées du 8 au 11 septembre — contre-tarifs en vigueur, riposte américaine datée, deux cadres financiers publiés et un troisième annoncé — ne sont couvertes par aucun terrain publié. Verdict : plateau, pour le sixième relevé d'affilée.

Verdict de semaine — plateau. Sources : Wikipédia, liste de sondages sur les élections générales québécoises de 2026, consultée le 11 septembre 2026 (dernière entrée : Léger, 6 septembre) · Léger, terrain du 4 au 6 septembre 2026, n = 1 008, ±3,09 % · Qc125, accueil et pages pq.htm, caq.htm, plq.htm, pcq.htm et qs.htm consultées le 11 septembre 2026, « Mise à jour : 10 septembre 2026 » · valeurs du 8 septembre et du 7 septembre : repères établis par les éditions 0909 et 0907.
RepèreDatePQCAQPLQPCQQS
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)4-6 sept.29 %23 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (1 100 adultes selon Pallas, 1 040 selon Wikipédia ; ±3 %)5 sept.29 %24 %20 %15 %11 %
Léger — intentions de vote (n = 1 008, ±3,09 %)28-31 août29 %24 %22 %15 %10 %
Pallas Data — intentions de vote (n = 1 108)29 août29 %24 %22 %16 %9 %
Synopsis – La Presse (n = 1 009)27 août28 %27 %20 %14 %10 %
Qc125 — agrégat des intentions de vote10 sept.29,4 % ±3,424,3 % ±3,220,7 % ±2,515,0 % ±2,39,9 % ±1,8
Qc125 — projection de sièges10 sept.532531108
Qc125 — fourchette de sièges10 sept.34-735-4625-375-153-11
Qc125 — projection de sièges (repère de l'édition 0909)8 sept.542431108
Qc125 — probabilité de terminer premier en sièges10 sept.87 %11 %<1 %——

Les pourcentages de vote de Qc125 sont ceux des pages de parti, mises à jour le 10 septembre ; l'accueil du site, lu par requête automatisée, ne rendait pas ces valeurs de façon lisible et n'a pas été retenu pour les votes. Qc125 n'affiche pas de probabilité pour le PCQ ni pour QS ; 1 % va à l'égalité. Pour le Pallas du 5 septembre, l'institut publie 1 100 adultes et ±3 % ; la compilation Wikipédia inscrit 1 040 et ±2,9 — les deux sont indiquées. Majorité à 64 ; le PQ en est à 11 sièges dans la projection du 10 septembre.

Chemin parcouru

Perspectives

ForteAu 15 septembre, la campagne aura trois cadres financiers à comparer ligne à ligne

Le calendrier est fixé par les partis eux-mêmes : le PCQ a déposé son cadre le 9 septembre, QS le 11, et le PQ a annoncé le sien pour le 15. La CAQ, QS et le PCQ visent déjà l'équilibre en 2029-2030, par des voies opposées — 2 G$ de compressions non identifiées pour la CAQ, une taxe sur les grandes fortunes et un ratio dette/PIB porté à 40,4 % pour QS, 20 000 postes supprimés pour le PCQ. Le PQ arrive avec deux chiffres déjà connus : 700 M$ ou 1,15 G$ pour l'essence, 130 M$ pour un référendum.

Cotée forte parce que la date est publique et que les ancrages sont communs. La dette nette du Québec est de 250,3 G$, soit 38,8 % du PIB au 31 mars 2026 (fisc-dett-nette-qc, fisc-dett-ratio-qc, Finances Québec) : c'est contre ce point de départ que se lisent le 36 % prévu par les Finances pour 2030-2031 et le 40,4 % solidaire. Et la marge de chaque cadre dépend d'une variable qu'aucun ne contrôle : 69,8 % des exportations québécoises de marchandises vont aux États-Unis (comm-expo-peus-qc), et elles ont reculé de 11,2 % sur les cinq premiers mois de 2026 (comm-expo-vareus-qc). Ces deux dernières prémisses ne changent pas selon le parti qui gouverne ; elles fixent le dénominateur de tous les cadres.

MoyenneL'interdiction américaine du 29 septembre entrera dans la campagne à J-6

La date est écrite : boissons alcoolisées, lactosérum et grosses motos canadiens interdits aux États-Unis à compter du 29 septembre, surtaxes relevées dès le 15 sur des marchandises allant des matelas aux voiturettes de golf, produits canadiens écartés des grands contrats publics américains de long terme. Le 29 tombe six jours avant le scrutin, et aucune annonce du jour 16 résumée par Radio-Canada n'en parle.

Cotée moyenne, pas forte, pour deux raisons mesurées. Ottawa signale la retenue : Mark Carney a qualifié les mesures de « relatively modest », et Derek Holt, de la Banque Scotia, les lit comme une façon de « save face ». Et les prémisses bornent l'effet : plus de 80 % des exportations canadiennes passent en franchise sous l'ACEUM (comm-tari-franc-ca), le taux effectif moyen se tient autour de 6 % (comm-tari-effect-ca). Elle n'est pas faible pour autant : 69,8 % des exportations québécoises vont aux États-Unis (comm-expo-peus-qc), les boissons alcoolisées figuraient déjà parmi les produits frappés à 50 % par l'article 338 le 22 août (comm-tari-a338-ca), et elles passent le 29 de la surtaxe à l'interdiction.

FaibleLe prix de l'essence devient l'axe de la dernière ligne droite

Le PQ a mis la pompe au centre du jour 16 : 7 ¢ le litre pendant un an et une remise de 125 $ sous 40 000 $ de revenu. C'est une mesure lisible au quotidien, portée par le parti que Qc125 place en tête avec 53 sièges au 10 septembre.

Cotée faible pour trois raisons. Charles Milliard l'a rejetée le jour même — « Je pense que c'est cher payé, et moi, je mène une campagne où je veux dire la vérité aux Québécois. Je n'irai pas dans cette direction-là ». La mesure est temporaire, d'une durée d'un an, et son coût varie de 64 % selon qu'on lit Radio-Canada ou La Presse Canadienne : 700 M$ ou 1,15 G$. Enfin, le socle ne porte aucune prémisse sur le prix des carburants ; l'inflation prévue au Québec est de 2,3 % en 2026 (econ-prix-ipc-qc), sous les 3,4 % mesurés aux États-Unis en juillet 2026 (econ-prix-ipc-usa), ce qui ne fait pas de la pompe une urgence mesurée. Un axe porté par un seul parti, sur un an, sans prémisse pour le peser, résiste mal à trois semaines de campagne.

Sources du jour