Définition : Capacité du Québec à produire, financer, diffuser et bénéficier de sa propre recherche scientifique, de ses innovations et de ses avancées intellectuelles — sans que les retombées soient captées par des institutions ou des économies étrangères.
État actuel — Atouts
Position mondiale
- 17 universités — réseau dense pour 8,5 M d'habitants
- MILA (Montréal Institut d'apprentissage automatique) : l'un des 3 plus grands pôles mondiaux de recherche en IA (avec Toronto et Londres)
- Yoshua Bengio : Prix Turing 2018 — figure mondiale de l'IA, basé à Montréal
- Recherche en physique quantique, biomédical, aérospatiale (Bombardier, Bell), génie civil
- Publications scientifiques : 3e rang canadien, impact mondial reconnu
Enjeux structurels
12.1 — Fuite des cerveaux
- Chercheurs québécois recrutés par Google, OpenAI, Meta, Microsoft — souvent sans retour au Québec
- Écart salarial : professeur universitaire québécois = 70-80 % du salaire équivalent à Toronto ou Boston
- Start-ups IA créées à Montréal, mais acquises rapidement par des GAFAM — retombées économiques exportées
- Financement de démarrage : insuffisant pour retenir les chercheurs à l'étape de commercialisation
12.2 — Dépendance aux financeurs fédéraux
- CRSH, CRSNG, IRSC : conseils fédéraux fixant les priorités de recherche depuis Ottawa
- Orientations pancanadiennes parfois inadaptées aux spécificités québécoises (langue, culture, développement régional)
- Fonds de recherche du Québec (FRQ) : insuffisamment doté face aux conseils fédéraux
- Chaires de recherche du Canada : attribuées par Ottawa — le Québec n'a pas son propre système équivalent
- → Voir aussi : Souveraineté éducative — section 5.3 (universités et recherche)
12.3 — Diffusion et accès au savoir
- Publications scientifiques : dominance des journaux anglophones américains et britanniques
- Accès ouvert : coûts d'abonnement des universités québécoises aux grands éditeurs (Elsevier, Springer) = dizaines de M$/an
- Diffusion francophone : peu de journaux scientifiques de premier rang publient en français
- Brevets : dépôts québécois peu nombreux par rapport au capital intellectuel produit
Pistes de solutions
| Solution | Description | Priorité |
|---|---|---|
| Fonds québécois de recherche unifié | Fusion des FRQ en un seul grand organisme bien doté — enveloppe comparable aux conseils fédéraux, priorités définies à Québec | Haute |
| Programme « Retour au Québec » | Incitatifs financiers (subventions, logement, salaires compétitifs) pour rapatrier les chercheurs québécois formés à l'étranger | Urgente |
| MILA public — commercialisation locale | Financement public massif du MILA avec obligation de co-commercialisation au Québec — retombées économiques retenues localement | Haute |
| Journaux scientifiques francophones | Création de revues scientifiques québécoises et francophones en accès libre — alternative aux oligopoles éditoriaux anglophones | Moyenne |
| Accès ouvert obligatoire | Toute recherche financée publiquement publiée en accès libre dans les 12 mois — réduction des dépenses d'abonnement, diffusion du savoir | Applicable maintenant |
| Institut québécois des brevets | Accompagnement des chercheurs et PME québécois dans le dépôt et la commercialisation de brevets — capital intellectuel protégé localement | Moyenne |
| Récupération des chaires de recherche | Post-indépendance : le Québec administre ses propres chaires de recherche — priorités alignées sur les besoins québécois | Post-indépendance |
